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Critiques de Frederik Peeters (612)
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Château de sable

♫Quand je vois lutter sur la plage

Des soldats à la fleur de l'âge,

Je ne les décourage pas,

Quoique je sache, ayant naguère

Livré moi-même cette guerre,

L'issue fatale du combat.

Je sais que malgré leur défense,

Leur histoire est perdue d'avance,

Mais je les laisse batailler,

Pour sauver un château de sable

Et ses remparts infranchissables,

Qu'une vague va balayer.♫

-Georges Brassens-1979- (jamais enregistrée mais interprétée en 1984 par Jean Bertola et reprise par Maxime le Forestier en 1998)

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Old (litt. « âgé »), ou Anormal au Québec, est un thriller américain écrit, coproduit et réalisé par M. Night Shyamalan, sorti en 2021. Il s'agit de l'adaptation du roman graphique suisse Château de sable, scénarisé par Pierre Oscar Lévy et illustré par Frederik Peeters...

https://www.youtube.com/watch?v=8t2pvjHBe2o



Qui dira "c'est assez" !?

Qui aura le courage

d'avouer que tout ça n'était

qu'un grand mirage !?

Des Châteaux de Sable

Je me souviens

Qu'il ne fallait

Pour faire le mien

Qu'une petite pelle un peu rouillée

Et puis du sable un peu mouillé

Châteaux de Sable

Je me rappelle

Que toutes les vagues

Étaient mortelles

Lorsque le soir les ramenait

Vers le château que j'avais fait

Je suis comme un grain de sable

Perdu dans l'océan

Cette BD n'est plus qu'une question... de temps .

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L'Homme gribouillé

Pour une raison inconnue la fille de Maud, Betty, et sa petite fille, Clara, sont confrontées à un homme étrange et maléfique en lien avec le passé de la famille. Afin d'éclaircir le mystère, en voyage en Franche-Comté, le berceau familial, mère et fille vont se trouver au centre d'un combat homérique...



Entre fantastique, thriller et histoire de famille, cet album superbe, noir blanc et gris, montre comment la persécution passé des juifs impacte encore la communauté. Des hommes et des femmes démunis face à leurs démons, réels ou fictifs, personnels ou collectifs, qui entrevoient peut-être une ère nouvelle avec l'émergence d'une jeune génération résiliente et combative.



Challenge MULTI-DÉFIS 2020
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L'Homme gribouillé



Paris, 2015. Après avoir éconduit un homme lourdaud qui la draguait, Betty rentre chez sa mère, l'auteure de romans pour enfants, Maud Couvreur, son appartement étant en travaux. Sur le pas de la porte, souffrant encore d'aphasie, elle ne peut malheureusement pas répondre au salut de Clara, sa fille. Après le bon repas préparé par Jasmine, cette dernière propose à Betty de l'emmener chez son hypno-thérapeute. Une séance d'hypnose dans la voiture et la jeune femme retrouve miraculeusement sa voix. Elle rentre alors chez elle où un bazar monstre l'attend. À l'autre bout de la ville, Clara dort tranquillement lorsqu'elle est réveillée par la sonnette. Un homme habillé en corbeau lui demande pourquoi Maud n'est pas venue au rendez-vous fixé au square alors qu'elle devait lui amener un paquet. Chamboulée par cet homme étrange qui, en plus, se met à fouiller dans l'appartement, la jeune fille panique d'autant plus qu'elle découvre sa grand-mère évanouie. Le corbeau devenant menaçant, elle appelle au secours Jasmine. Ce dernier s'enfuit alors, laissant derrière lui deux plumes et un bout de papier annoté d'un prochain rendez-vous...



Serge Lehman, au scénario, nous plonge au cœur d'une légende fantastique. La famille Couvreur va être confrontée à un personnage ô combien étrange et plutôt flippant : Max, le corbeau. Que referme le paquet qu'il recherche ? Quel est le lien qui l'unit à la famille Couvreur ? Et quels secrets cache cette famille ? L'auteur prend son temps pour installer ses personnages et l'intrigue pour nous emmener de Paris sous la pluie à cette petite ville dans le Doubs. L'ambiance devient tour à tour étrange, lourde, oppressante, fantasmagorique où se côtoient réel et imaginaire. Un roman graphique puissant, maîtrisé aussi bien sur le fond que sur la forme et habité par une brochette de personnages marquants. Graphiquement, Frederik Peeters fait montre, une nouvelle fois, de l'étendue de son talent. Un trait original et marqué, un noir et blanc profond et intense, des décors et des détails impressionnants. Une réussite !
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L'odeur des garçons affamés

Texas, 1872. La guerre de Sécession vient de se terminer. À l'Ouest du Mississipi, l'on envoie des hommes explorer et prospecter de nouveaux territoires. Le géologue Stingley fait partie de ceux-là. Un homme bien ambitieux au projet qui l'est tout autant. À ses côtés, le photographe Oscar Forrest, de Manhattan, et le jeune fermier Milton, venu du Kansas. Non loin d'eux, de redoutables Comanches qui ne veulent pas céder leurs terres. Milton et Oscar semblent cacher quelque chose et fuir leur passé. Le gamin aura bientôt la preuve puisqu'il tombe par hasard sur un article de journal relatant les escroqueries passées du photographe. Il se doit alors de lui révéler qu'il faisait apparaître des revenants sur les photos, faisant ainsi croire aux gens que leurs chers disparus veillaient sur eux. Visiblement, ils ne sont pas les seuls car ce trio est suivi à la trace par un homme plutôt inquiétant, vêtu de noir...



Loo Hui Phang nous emmène au cœur de ces contrées sauvages en compagnie de trois personnages énigmatiques et troublants. Quel passé fuient Oscar et Milton? Quel projet fomente Stingley? L'auteur nous offre un album qui mélange habilement western, fantastique et croyance, en filigrane, le génocide des Peaux-Rouges. Un album qui fait la part belle à cette nature sauvage, à la complexité de l'âme humaine et à l'amour. Le scénario tient parfaitement la route, campé par des personnages charismatiques et énigmatiques, qui se dévoilent peu à peu. Le dessin et les couleurs de Frédérick Peeters nous plongent dans une ambiance western particulièrement délectable. Un trait marqué, de superbes décors et des couleurs chaudes.

Un western atypique et intense...
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Oleg

Oleg est dessinateur de bandes dessinées. Sa vie tourne autour de ses albums, ses projets, ses idées. Mais aussi autour de sa famille, sa femme qu'il aime depuis 20 ans, et sa fille, jeune adolescente avec qui il passe de bons moments, comme aller au cinéma ou parler des livres qu'elle lit. Mais, voilà, depuis quelque temps, il peine à trouver un sujet pour son prochain album. Il a bien quelques idées, un peu farfelues, parfois, qu'il ne manque pas de soumettre à sa femme. Alors, il cherche, il observe, regarde le monde autour de lui, remarque combien il change vite. Un monde qu'il a parfois du mal à comprendre...



Frederik Peeters se met en scène dans cet album en incarnant le personnage d'Oleg. À travers lui, il se livre aussi bien sur son métier d'auteur/dessinateur, sur son quotidien, sur sa vie plus personnelle, sur ses angoisses et ses peurs, sur le monde moderne. Presque 200 pages d'introspection et de réflexions sur ce qui l'entoure, l'anime, l'interpelle, l'effraie parfois. Tour à tour cynique, réac, touchant, inquiet, un brin misanthrope, il enchaîne aussi bien les scènes d'action, les moments contemplatifs que ses pensées mises en image. Tout à la fois émouvant, tendre, drôle, cet album autofictionnel, s'il s'avère avant tout comme un témoignage d'amour à celles qui partagent sa vie, met en lumière également toute l'importance et la place de son métier. Graphiquement, Frederik Peeters nous offre de très belles planches fouillées et rythmées au trait dense et au noir et blanc profond.



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L'odeur des garçons affamés

Ils ne sont ni mousquetaires, ni petits cochons, ni Suisses, alors, qui sont-ce t-ils donc, hein, dis, j'vous l'demande ?

Bien vu, les nouveaux héros de Peeters, c'était pas fastoche.



Stingley, directeur en chef de cette expédition privée en terrain hostile et n'aimant rien moins, à part étaler son incommensurable connerie, que d'observer la nation indienne, le zgeg à l'air.

Oscar, photographe attitré, semble décalé dans ce panorama aride. Cacherait-il de lourds secrets sous ses faux airs de dandy décadent!? Hiiiik, hiiiiik, hiiiiik, musique qui fait peur !

Milton, lui, du haut de ses 17 printemps, est le garçon à tout faire de ce trio éclectique. D'apparence inoffensive, il pourrait bien se révéler sous un jour nouveau. Nin, nin, nin, nin, second intermède musical flippant généreusement offert, mais c'est Noël ou quoi ?!



Sur fond de mystère, de spiritualité comanche et d'odyssée, azimuth plein Ouest, Peeters nous régale en élaborant un scénario déroutant au déroulé implacable.

Les masques tombent un à un, chacun se révélant au gré des épreuves traversées.



Le soleil donne, les couleurs explosent littéralement la rétine, nous offrant ainsi, en sus, un superbe teint hâlé au sortir de cette lecture.

Le coup de crayon n'est pas en reste. Précis et vivant, il participe grandement à la réussite de ce récit atypique.



L'odeur Des Garçons Affamés est de ces one-shot inclassables qu'il convient, en définitive, de ranger précieusement au rayon incontournable.



4,5/5
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Pilules bleues

Guiti est belle, libre, enjouée. L'histoire ne dit pas comment elle a attrapé le hiv, plus communément appelé sida mais elle doit vivre avec. Cette bande dessinée très sombre aborde contamination, hérédité, médication et sexualité pour les patients de cette maladie encore mal vue à notre époque.

J'ai refermé cette BD minée par cette histoire qui prend aux tripes et pleine d'espoir pour les malades du sida. La médecine a fait de sacrées avancées pour leur permettre de vivre une vie quasi normale.

Si la fin est positive, la noirceur de ce livre m'a fait bien trop de peine pour pouvoir en être allégée.

Comme le dit le dessinateur, cette maladie est pire que tout, elle touche à l'amour.
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Les miettes

À l'avant de ce train à vapeur qui sillonne des plaines arides, devant la chaudière, le pauvre machiniste, un révolver braqué sur lui, est pris en otage par deux frères siamois reliés à la taille qui lui demandent de détourner le train vers Vaduz, capitale du Lichtenstein. Dans l'une des locomotives, le patron, un Baron, tente de réveiller l'alchimiste qui est censé transformer le plomb en or. S'inquiétant de ne pas être déjà arrivé à Vaduz, il envoie Mérédith à l'avant vérifier que le machiniste obéit bien aux siamois. Quant à lui, il décide de se rendre dans le dernier wagon vérifier que tout est en ordre. C'est là que Dieter, un de ses hommes de main, remarque avec ses jumelles qu'une cavale de guerilleros San-Marinais se rapproche. le projet du Baron, à savoir faire du Lichtenstein une superpuissance économique, risque bien d'être compromis...



Ibn al Rabin nous embarque à bord de ce train aux voyageurs complètement déjantés, que ce soit ce Baron, à haut-de-forme et noeud papillon, au projet fou; ces jumeaux, rendus siamois, un peu bourrins; cet alchimiste qui transforme le plomb non pas en or mais en pastis; sans oublier cet hindou qui a le don de charmer les rails du train... Bref, une bande de bras cassés! Lancé à pleine vitesse, l'on se délecte de ces dialogues savoureux, de ces jeux de mots et de ces situations cocasses et burlesques. Ce rail-movie, au scénario bien huilé et rythmé, est juste jubilatoire. le dessin bichromique de Frederick Peeters sert à merveille cet album singulier.
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Lupus, tome 1

Vaisseaux spatiaux, mondes bizarres peuplés de monstres, Lupus, une bande dessinée de science-fiction n'avait, a priori, rien pour me plaire.



Sauf que celle-là, qui raconte le voyage de deux jeunes junkies à la recherche de stupéfiants, n'est pas ce dont elle a l'air. Car dans ce voyage galactique de deux allumés partis à la pêche, les sentiments humains sont remarquablement mis en scène.



Servis par des dessins expressifs la narration, simple et émouvante (un peu déjantée aussi) fait réfléchir au sens de la vie, aux émotions et à la place de l'homme dans l'univers (ce qui est déjà pas mal pour une BD).
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Château de sable

Les choses semblent prendre une étrange tournure, sur ce coin de plage.

Le cadavre d'une jeune femme flotte dans l'eau..;

Et comme les gens changent!

Et le téléphone qui ne capte rien ou ne donne pas le bon numéro;

Mais que se passe-t-il?

Étrange récit en noir et blanc, d'un vrai fantastique:celui qui donne libre cours à l'imagination du lecteur

Brillant, sophistiqué.

À lire et relire peu après.
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L'Homme gribouillé

Le talent de scénariste de Serge Lehman ne faisait aucun doute pour moi depuis ma lecture de la superbe série « Metropolis ». Quant à Frederik Peeters j’avais pu apprécier son dessin splendide sur « l’odeur des garçons affamés » et sur une des meilleures histoires courtes du recueil « le jour où ça bascule ». Ces deux grands noms réunis, voilà qui avait de quoi m’attirer. Ajoutez à cela une couverture magnifique et un titre intrigant… J’aurais dû me jeter dessus dès sa sortie. Et pourtant, ça n’a pas été le cas. Un je-ne-sais-quoi refroidissait mon enthousiasme. Peut-être l’engouement général autour de l’album… Ce type de dithyrambe collectif a en effet tendance à susciter ma méfiance. Quelques mois après, j’ai tout de même décidé de me faire ma propre opinion.



Au début de ma lecture, j’ai eu de gros doutes. Malgré un personnage principal immédiatement attachant, j’ai trouvé le début pas franchement réussi, un peu poussif, l’intrigue peinant à démarrer. Puis, au fur et à mesure que les différents éléments se mettaient en place, j’ai été happée jusqu’à finalement ne plus pouvoir lâcher le bouquin. Le scénario est bien construit et le mélange des genres fonctionne à merveille. Le fantastique n’est pas présent dès le départ mais vient peu à peu contaminer le récit. Cela donne un ton plein de mystère, parfois oppressant. Certaines scènes sont redoutables d’efficacité tant la tension est palpable, d’autres distillent une touche poétique très agréable.

Les personnages sont bien campés et leurs relations crédibles et intéressantes. D’ailleurs, les rapports mères-filles sont le cœur du récit et le façonnent. Le récit tourne aussi largement autour du thème des croyances, des légendes et de la façon dont elles affectent la vie des gens. « L’homme gribouillé » a beau être un formidable thriller fantastique, il reste centré sur l’humain, ce qui contribue largement à son charme.



Quant au dessin, Peeters fait encore une fois du très bon travail. Le trait est beau et élégant, paradoxalement à la fois réaliste et épuré. Le découpage et les cadrages sont des modèles d’efficacité. Le noir et blanc est profond et dégage beaucoup de force.



Bref, après une petite frayeur au démarrage, j’ai passé un très beau moment de lecture avec cet « homme gribouillé » qui méritait bien l’engouement général dont il a fait l’objet. A la fois belle, riche et profonde cette B.D vaut le détour.

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Pilules bleues

L'auteur retrouve une ancienne connaissance de lycée, ils finissent par tomber amoureux mais avant d'aller plus loin, elle doit lui avouer qu'elle est devenue séropositive. Voilà ce que nous raconte Frederik Peeters : ses états d'âme, ses doutes, ses peurs, ses joies aussi... C'est un livre sur l'Amour, la compassion, la peur de la maladie.

" 3 mois que je dessine ce que je vis ou ce que j'ai vécu...3 mois que je retourne ma vie avec eux dans tous les sens..que j'écris, que je décris, que je cogite..sans répit, sans sortir la tête de ma propre vie sentimentale...je suis vidé...au début, en m'y attelant, je m'étais dit que tout cela m'aiderait à mettre de l'ordre dans mes idées...à savoir si mes envies et mes ambitions étaient claires...aujourd'hui je suis vidé..presque déprimé même...mais j'ai l'impression d'avoir atteint quelque chose..."

Et quelle chose !!! Un livre magnifique, terriblement humain, la preuve que la BD est aussi un art pour adultes, qu'elle peut être intelligente et instructive. Chapeau bas Monsieur Peeters pour vous être livré ainsi et pour la formidable leçon de vie que vous nous offrez.

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L'odeur des garçons affamés

"L'odeur des garçons affamés", voilà un titre intrigant. C'est d'ailleurs ce titre d'une étrange beauté qui m'avait interpellée lors d'une masse critique. C'est un autre titre que j'avais gagné lors de cette opération mais lorsque je l'ai vu à ma médiathèque, je me suis jetée dessus.



Globalement, "l'odeur des garçons affamés" est une réussite. Le mélange de western et de fantastique fonctionne bien. Cet aspect surnaturel allié à un côté contemplatif donne une atmosphère très singulière qui exerce une fascination certaine sur le lecteur. La scénariste ne cherche pas à tout expliciter, elle laisse une part de mystère. Et j'aime quand un auteur ne prend pas son lecteur par la main, lui laisse un espace de liberté.



Le dessin est superbe. Les personnages sont expressifs, les paysages sont très beaux. Les couleurs sont particulièrement bien pensées et contribuent à l'atmosphère du récit.



Malgré toutes ses qualités, il m'a manqué un petit quelque chose pour être emportée. j'ai contemplé le très bon travail des auteurs mais je ne me suis pas sentie vraiment immergée dedans. Mon regard a été flatté, mon esprit a été stimulé par le scénario original et la richesse des thématiques mais mon cœur n'a pas été touché.



Challenge B.D 2017
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Château de sable

Un roman graphique curieux, dérangeant, intriguant et surtout qui reste dans la tête après avoir tourné la dernière page. Les dessins en noir et blanc collent parfaitement avec cette histoire sombre. Ah oui de quoi ça parle ? De plusieurs personnes qui se rendent sur une plage où les morts vont se succédés à vitesse grand V. Au lecteur restera des questionnements sur le temps qui passe, la vitesse où l’on vieillit. Des images et situations nous reviennent donnant la sensation que c’était hier mais si on compte les années... Eh oui la vie s’égrène comme un château de sable. À mon avis on adore ou on déteste.
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Lupus, tome 1

Lupus et Tony ont décidé de se la jouer touristes professionnels, ce sera overdose de glande pour tout le monde.

Et pour qu'une année sabbatique soit en plus sympathique, les gars pêchent le très gros mais surtout expérimentent les drogues généralement prohibées dans tout le système solaire et sa proche banlieue. Amphet', ok. Benzo, ok. Acide, ok. Champipi hallucinogènes, ok. En fait, tout ce qui s'ingère en vous laissant une chance minime d'y survivre. Comme un p'tit air de Las Vegas Parano, c'est vous situer le niveau des duettistes.

Les gars sont potes même s'ils se tapent régulièrement sur les nerfs, proximité journalière oblige.

Deux, ça va, trois, bonjour les dégâts.

Prenez une jolie donzelle qui en pince visiblement pour Lupus. Embarquez-la quelques temps histoire de voir où ça vous mène. Simple, c'est direction les emmerdes à vitesse grand V...



Déroutant de prime abord, un trait disgracieux, du texte bordélique au possible et une mise en page anarchique font qu'on y rentre tout dou-ce-ment, ♪ besoin de changer d'atmosphère d'attitude ♫, mais je m'égare.

Puis la justesse des dialogues associée à un scénario original gentiment barré suffisent à ce que l'on s'attache très rapidement à ces trois hurluberlus peut-être pas aussi superficiels qu'ils veulent bien le laisser croire.



Un premier volet franchement réussi qui donnerait presque envie de crier au Lupus !



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Pilules bleues

L'amour.....

L'amour est un sentiment pas toujours facile à maîtriser; à gérer, à expliquer ou à comprendre, alors quand la maladie entre dans l'équation, en l'occurrence le HIV, certaines choses simples deviennent compliquées.

Frederik Peeters se livre, simplement, pas facile d'exhiber sa vie, ses émotions. Ils se posent les bonnes questions, décrit sans être pathétique les relations avec les autres, nous livre quelques vérités sans tabou.

Il traite de divers thèmes tels que l'amour, la pitié, la compassion, la mort, la paternité sans être le père biologique, c'est poignant et drôle à la fois (cf le rhinocéros blanc, j'adore !).

Quant au dessin, il est certes noir, très noir parfois, en lien certainement avec les propos de ces pages là, mais il varie donc en fonction des personnes ou du sujet traité, les traits sont plus ronds pour le petit garçon, le médecin, on retrouve ce côté affectif , et plus anguleux quant à la maladie.

Une BD extraordinaire, sincère et ouverte.
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L'Homme gribouillé

Pas trop mon truc les êtres étranges venus d’ailleurs ! Bien aimé les dessins et le fait que la grand-mère soit auteur de livres pour enfants et l’idée de trois générations de femmes de la même famille avec la quête de leurs origines. Manque peut-être un petit quelque chose de tendresse, légèreté, folie, froissée par ces personnages qui disparaissent trop vite sans savoir grand chose d’eux.
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L'odeur des garçons affamés

Une histoire assez inclassable que cette "Odeur des Garçons Affamés". A la fois une histoire d'amour, dans un décors de western, et un récit qu'on pourrait qualifier de fantastique. C'est un mélange assez étonnant, mais la mayonnaise prend, comme on dit...



Scénarisée par Frederik Peeters et déssinée par Loo Hui Phang, cette histoire porte clairement la marque de son scénariste : le refus de s'enfermer dans une case, des personnages en décalage avec leur époque (deux, en l’occurrence), la volonté de ne pas se livrer entièrement, de laisser un espace de liberté pour le lecteur. Un mystère savamment orchestré et mis en scène. Les deux récits n'ont rien à voir, dans la forme, mais ça m'a rappeler "Aama". C'est juste la marque d'une même personnalité et d'un même talent...



Après la guerre de sécession, des expéditions sont envoyés dans l'ouest sauvage afin d'en ramener des photographies (à l'époque, une technique de pointe) pour alimenter une propagande, destinée à encourager la colonisation des grands espaces sauvages...Nous suivons les pas de l'une d'elle, composé d'Oscar, le photographe guindé new yorkais, Mr Stingley, un notable du Kansas, plutôt rude, mais instruit, avec une vision très précise du monde de demain, et Milton, le gamin qui assure l'intendance. La tâche de la petite troupe devient hasardeuse lorsqu'elle arrive en territoire Commanche...



Au final, une belle histoire sur l'amour, le désir (qui ne saurait être l'objet d'un savoir). La rencontre entre deux mondes (les blancs et les indiens) n'est pas vraiment abordée : ils se voient, mais ne se parlent pas...La touche de fantastique instille une ambiance particulière et le constat est sans appel : l'homme n'aura jamais la réponse à toutes ses question. Les dessins de Loo Hui Phang sont très réussis, particulièrement les couleurs, qui magnifient ses paysages, parfois fantasmés, de l'ouest sauvage...



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L'Homme gribouillé

J’ai toujours un peu de mal avec le dessin de Frederik Peeters que je trouve trop léché, trop minutieux. J'aime quand il part dans le fantastique, son personnage corbeau est extraordinaire, les incursions dans les rêves sublimes, mais je le trouve trop laborieux dans les passages réalistes, d’une rigueur qui nuit à l’évasion, un manque de liberté, et c’est ce que j’ai ressenti à la lecture de cette bande dessinée. J’ai eu du mal à me laisser embarquer, à m’attacher aux personnages. L’ensemble est pourtant de qualité et bien consistant, plus de 300 pages, le scénario solide de

Serge Lehman tient la route, le fantastique s'insère dans l’histoire progressivement, tout va crescendo, mais dommage que ça manque de légèreté, de poésie, de dérapages, le sujet s’y serait bien prêté. L’homme gribouillé aurait mérité un peu plus de gribouillages. Du coup, je reste un peu sur ma faim après cette lecture.
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Saint-Elme, tome 3 : Le Porteur de mauvaise..

Des deux, c’est Philippe le génie de la détection.

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Ce tome fait suite à Saint-Elme, tome 2 : L'avenir de la famille (2022) qu’il faut impérativement avoir lu avant. Son édition originale date de 2022. Il a été réalisé par Serge Lehman pour le scénario, et par Frederik Peeters pour les dessins et la mise en couleurs. Il compte soixante-dix-huit pages de bande dessinée. Ces deux auteurs avaient déjà collaboré pour L’homme gribouillé, paru en 2018. Il commence par un paragraphe de résumé assez dense.



Quelques tuyaux de l’installation de traitement des eaux… De nuit, Madame Dombre arrive à bord de sa Coccinelle VW : elle quitte la route principale et s’engage dans la voie de desserte qui mène à l’aire de pique-nique d’un débarcadère isolé sur le lac de Saint-Elme. Philippe Sangaré vient d’être déposé sur un ponton de bois par le passeur utilisant une barque à fond plat. Il le regarde s’éloigner, puis il se retourne vers le faisceau de phares de la voiture. Madame Dombre en sort et lui fait observer qu’il a drôlement choisi l’endroit de son débarquement. Il répond par deux mots : discrétion, toujours. Il remarque qu’elle s’est blessée à la cheville ; elle répond que c’est une longue histoire qui implique Franck évidemment. Il indique qu’il peut tout entendre à condition que ce soit dans un endroit chaud. Elle lui fait un point sur la météo : en-dessous des températures habituelles, mais les nuages vont se dissiper juste avant neuf heures, et à partir de midi grand soleil, ça va être une belle journée. Ils se rendent à l’auberge de la Vache Brûlée et ils y prennent une boisson chaude. Philippe Sangaré observe tout ce qui l’entoure, chaque client, Arthur Spielmann quand il vient les servir. Madame Dombre fait les présentations à cette occasion.



Philippe Sangaré résume la situation à Madame Dombre pour s’assurer qu’il a bien tout compris : Cavaliéri débarque à Saint-Elme juste avant Noël, il tombe sur son copain Red Dog qui fait déjà du business dans cette boîte sur le port, Le Mirage. Ils traficotent ensemble quelques temps, mais Cavaliéri change d’idée et s’embarque dans une histoire avec un fils de famille locale, Stan Sax. Mh. À la suite de quoi Cavaliéri monte au col de la Lanterne, disparaît des radars, et trois mois plus tard, la même chose arrive à Franck. Il demande quand elle a reçu l’appel de son jetable, ça faisait combien de temps qu’il était parti ? Il quitte la table, pour aller poser son sac dans sa chambre. Il y prend son revolver et il monte au col pour aller chercher son frère. En sortant, il doit marquer un temps d’arrêt, alors que Romane Mertens le frôle en roulant à toute allure sur son vélo. Elle s’arrête plus loin et elle tambourine sur la porte de Paco : dès qu’il ouvre, elle lui dit qu’il faut qu’il l’emmène tirer, elle doit se passer les nerfs sur quelque chose. De son côté, Philippe Sangaré a atteint le col à pied et il marque l’arrêt pour observer autour de lui : le vol d’un oiseau qui pique pour prendre une grenouille dans ses serres, plus loin des empreintes des pas dans la boue, plus loin encore une branche cassée, un poteau de clôture brisé en deux, et enfin une ferme.



Le lecteur apprécie que les auteurs tiennent leurs promesses : la couverture du tome précédent montrait l’arrivée du frère de Franck Sangaré qui se produisait à la dernière page. Ici, la première scène montre se prise en charge par Madame Dombre et sa première journée à Saint-Elme. Dans la matinée, elle explique à Arthur Spielmann, le lien de parenté entre Philippe et Franck, pas évident en comparant leur physique, et elle ajoute que des deux, c’est Philippe le génie de la détection. Il est possible que cette remarque anodine en passant évoque deux autres frères détectives : Sherlock & Mycroft Holmes, les facultés de déduction de ce dernier dépassant celles du premier. Avec cette remarque, le lecteur peut aussi se faire la réflexion que les méthodes de Franck Sangaré évoquent celles des détectives privés de type hardboiled, entre les années 1920 et 1950, et que les capacités affutées d’observation et de déduction évoquent plutôt Sherlock Holmes ou les héros d’Agatha Christie. Toujours avec cette faculté d’observation en tête, il se rend compte qu’il comprend mieux les cases des pages cinq et six : il s’agit de vues subjectives, rien n’échappant à Philippe Sangaré qui se livre alors aux déductions logiques afférentes. Il utilise à nouveau ses talents dans les pages onze à treize pour retrouver le chemin suivi par son frère au col de la Lanterne, et reconstituer les faits qui se sont déroulés à la ferme. Une narration visuelle muette impeccable.



Alors, que va-t-il se passer ? Le lecteur sent bien qu’il est revenu pour l’intrigue, pour les mystères, anticipant que le récit peut à tout moment basculer dans le fantastique. D’ailleurs, les grenouilles sont toujours là : en page onze quand une se fait ramasser par un rapace, en page trente-deux quand une personne s’échappe par des tunnels dans la montagne, et plus encore par la suite. Le règne animal est également présent avec le nouveau chien de Piotr, et avec Bruce l’animal de compagnie de Madame Dombre dont il est confirmé qu’il s’agit d’un furet. En outre son sort fait comme un écho à celui du chien dans le premier tome, les conséquences d’une violence disproportionnée, comme si l’être humain souhaitait éradiquer cette forme de vie qui le contrarie dans ses actions. Aux aguets, le lecteur guette également les signes de surnaturel ou de fantastique. Cela commence dès la première page avec l’apparence anormale des yeux de Philippe Sangaré : blanc de l’œil, l’iris et la pupille entièrement noirs, sans aucune explication. Pour autant il semble jouir d’une vue normale. Il y a de nouveau la mention du symbole de l’œil dessinée par la jeune fille Katyé, sur la vitre brisée par le derviche. Puis, comme le montre la couverture, l’évasion de Franck Sangaré au cours de laquelle il en voit littéralement de toutes les couleurs au propre comme au figuré : violet, rouge, bleu vert, une séquence découpée en trois, d’abord trois pages avec uniquement des onomatopées de bruit et quelques grognements, puis trois autres pages à nouveau avec seulement des bruits dont des croassements, et encore six pages avec des bruits, des passages quasi hallucinés, grâce à une narration visuelle limpide à l’ambiance évoquant les conventions visuelles de l’horreur.



Mais, à la grande surprise du lecteur, les auteurs confirment beaucoup plus le genre policier, avec une course-poursuite d’une voiture de police suivie par deux personnes voulant impérativement l’arrêter, avec coup de feu, tonneaux en cascade. Cette orientation de genre littéraire est confortée par l’enquête d’un génie de la détection. Là encore, la narration visuelle fait des merveilles : les cases correspondant en vue subjective de Philippe Sangaré. Les deux auteurs se jouent du lecteur : le don d’observation et de déduction du personnage est établi, il ne reste au lecteur qu’à s’interroger sur ce que comprend le détective car il y a forcément des indices à glaner, peut-être pas pour le devancer, mais pour progresser à son rythme. Le lecteur ne s’en montre que plus attentif à ce qui est représenté dans ces cases : deux femmes en train de papoter, les touristes prenant le plan mural en photo avec leur téléphone, le tatouage sur l’avant-bras droit d’Arthur Spielmann, ses oreilles en chou-fleur (Mmmmh, comme celles d’un boxeur, or Roland Sax pratique la boxe en amateur, et a souvent besoin de nouveaux partenaires…), les mimiques de monsieur Mertens assis seul à sa table. Il se prête bien volontiers à ce jeu également lors de la séquence dans la ruelle quand Sangaré se fait passer pour un client auprès d’un dealer.



Dans ces phases policier et action, le dessinateur épate le lecteur par les qualités de sa narration : l’évidence que certaines cases correspondent à ce que regarde Philippe Sangaré, les efforts démesurés de son frère pour s’en sortir avec sa mise en couleurs expressionniste, la bagarre sans merci à un contre trois dans une ruelle proche du port de Saint-Elme (un découpage percutant d’une lisibilité parfaite), l’affrontement dans une petite pièce de l’hôpital, et l’assassinat final sans merci. La richesse et la diversité des pages impressionnent le lecteur, avec des séquences d’action rapides, des discussions pleines de tension entre les personnages, des cases totalement mémorables inattendues, comme des personnes sur des tapis de course dans une salle de sport, un food-truck et ses clients, le bureau très encombré de Roland Sax et le morceau de chondrite, l’agitation nocturne des rues de Saint-Elme, le calme de l’hôpital et son éclairage artificiel, etc. Un grand plaisir de lecture donnant l’impression que la bande dessinée a été réalisée par une seule et même personne.



Pourtant, le scénariste mène la vie dure à l’artiste, à la fois par la diversité des séquences, la nécessité de maintenir une cohérence visuelle d’un tome à l’autre, et des scènes de dialogues aux enjeux forts. Il surprend le lecteur à plusieurs reprises : en changeant imperceptiblement de registre de genre (à la limite du surnaturel mais sans en être vraiment, puis en passant en mode policier-action), en maintenant un rythme soutenu avec des révélations nombreuses, et une étonnante densité narrative. Le lecteur sent qu’il ne s’est pas embarqué dans une série interminable, mais dans une histoire bien définie, avec des actes irréversibles, lourds de conséquence. Par exemple, il n’aurait jamais imaginé l’exécution préméditée d’un membre de la famille Sax, de premier plan. Il révèle également la manière dont la famille Sax a établi sa mainmise sur la ville, et des secrets de famille sont dévoilés, modifiant drastiquement le rapport de force entre plusieurs personnages. Ce n’est qu’arrivé à la fin du tome que le lecteur se rend compte de l’absence de Katyé, de madame la maire Béatrice Maleterre.



Dans les deux premiers tomes, les auteurs jouent avec le lecteur développant de nombreux mystères sur la trame de ce qui s’assimile à une enquête, avec peut-être une dimension surnaturelle, ayant ainsi généré un horizon d’attente de grande ampleur. Ce troisième tome tient toutes les promesses, et plus encore, avec une narration visuelle de haute volée qui prend régulièrement en charge de raconter sans l’aide de texte. L’effet d’immersion fonctionne à plein régime, au milieu d’individus tous particuliers, pour une histoire de genre, de mauvais genre. Addictif.
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